Les enjeux du confinement pour les adolescents

June 5, 2020

 

Ce confinement a été une sacrée épreuve pour tout le monde. On parle beaucoup des personnes âgées seules, des personnes qui ont perdu leur emploi, de  la difficulté du télétravail, de la difficulté des parents à s’occuper des enfants etc…Rarement en revanche on aborde le confinement vécu par les jeunes. L’absence de contact autre qu’avec le noyau familial et l’adaptation à une école digitale ont été de vrais challenges pour les jeunes. Peu importe leur milieu social, peu importe leur niveau scolaire, ils l’ont tous vécu et en ont tous souffert, à leur manière.

 

Quand bien même ils sont entourés et encadrés par leur famille, ils ont tous été confrontés au fait de n’avoir plus que leur famille avec qui parler à un âge où justement les copains et les copines ont une place particulièrement importante. Ce sont les confidents, ceux avec qui ils se construisent, ceux avec qui ils ont des embrouilles, ceux avec qui ils rigolent et ceux avec qui parfois aussi ils font des bêtises. L’école, hormis l’aspect purement scolaire, permet à tous les jeunes de se sociabiliser. Alors oui, ils ne s’entendent pas avec tout le monde, ils ont parfois du mal à trouver leur place dans un groupe, il y a des rivalités, des déceptions amicales ou amoureuses mais cet aspect social, même si parfois tout ne se passe pas comme ils aimeraient que cela se passe, leur permet de se construire. En tant que jeune femme, en tant que jeune homme. Avec  le confinement, du jour au lendemain, ils en ont été privés. Et ce n’est pas parce que la famille est aimante et qu’il n’y a pas de tensions familiales que cela n’a pas représenté un manque pour autant. Pour cette raison principalement, je crois que le retour à l’école est primordial, même si ce n’est qu’un jour par semaine et que scolairement ils ne vont peut-être pas trop avancer en cette fin d’année. Ils ont besoin de retrouver les autres et besoin de sortir du cocon familial.

 

Quant à l’école digitale, elle a été plutôt bien vécue pour cette génération plus que familière avec les écrans, du moins au début. Entre la joie pour certains de ne plus aller en cours, un sentiment de liberté aussi pour d’autres, le côté ludique lié au changement, on peut dire que l’adaptation-au départ-s’est faite de façon assez fluide. Ils ont su s’adapter à la façon de fonctionner de chaque professeur et les premières semaines se sont relativement bien passées. Sauf que, très rapidement la motivation a commencé à baisser y compris chez les élèves plutôt scolaires. Le manque de cadre a été ce qui les a le plus déroutés : beaucoup de professeurs leur ont laissé énormément d’autonomie et ont été peu exigeants  pour ne pas les accabler sauf que sans s’en rendre compte, cela a énormément participé au fait qu’ils se sentaient trop en autonomie et donc perdus. Comment demander à des jeunes de 13 ans d’avoir suffisamment d’autonomie pour travailler tous les jours quand il n’y a pas –ou peu- de cours en visio, quand aucun travail n’est relevé, très peu d’exercices sont notés, les notes ne comptent plus, les examens sont annulés, les absences ne sont pas comptées…Pour être motivés, comme tout le monde, ils ont besoin d’objectifs, ils ont besoin d’être challengés, ils ont besoin de se sentir encadrés, d’avoir un planning, de savoir où ils vont. Pendant le confinement, on leur a demandé d’être motivés juste pour eux-mêmes tout en les laissant s’organiser comme ils voulaient. Je ne crois pas que ce soit un service qu’on leur ait rendu que d’assouplir autant le cadre scolaire dans lequel ils évoluent depuis des années. Un élève m’a dit l’autre jour à juste titre « Tu vois Laura en fait quand on est en cours, on doit être concentrés et écouter, on n’a pas le choix, c’est plus facile en fait ».  Une autre m’a dit « les profs ne nous donnent quasiment rien à faire alors c’est super dur de me motiver à travailler toute seule ou faire des trucs en plus ». On ne peut pas leur en vouloir à eux, ils ont fait comme ils ont pu. Par contre, je crois que le système scolaire aurait pu (et dû) mieux les accompagner et les encadrer. Alors oui, ils râlent un peu de devoir se lever pour un cours en visio, d’avoir une deadline un peu courte pour rendre un devoir d’économie mais au fond, ce sont ces « contraintes » qui les font tenir bon. Ils se plaignent quand le cadre est strict tout en étant reconnaissants au fond. Il faut être réaliste : même des élèves dans l’enseignement supérieur n’arrivent pas à s’organiser, à travailler en autonomie alors comment peut-on avoir pensé que pour des élèves encore plus jeunes ce soit faisable ? A un âge où ils se construisent, à un âge où tout se chamboule, plus que jamais, les adolescents ont besoin de repères. Je crois que cette école digitale aurait mieux fonctionné si les cours en visio avaient été rendus obligatoires pour les professeurs et les élèves dans chaque matière. Je crois aussi que les notes devraient apparaitre sur le bulletin même si elles ne comptent officiellement pas. Il n’y a rien de plus démotivant que de progresser pendant l’année en ayant le sentiment que les efforts ont été vains car seules les mauvaises notes du début d’année apparaissent sur le bulletin…

 

Chez Tutenvol, ce confinement a fait évolué les cours : les cours ont continué en visio le temps du confinement, le scolaire était présent mais j’ai accordé une attention toute particulière à être à leur écoute, à parler des émotions, à les aider à mettre en place des plannings ou à s’organiser, à veiller à ce qu’ils ne décrochent pas, à continuer à être exigeante sur les horaires et sur leur implication. Il était important pour moi qu’ils se sentent encadrés malgré la situation. L’enjeu il était surtout là : tenir sur la longueur, faire en sorte qu’ils ne décrochent pas et les aider à laisser circuler leurs émotions pour que cette période se passe au mieux sur le plan scolaire mais aussi et surtout personnel.

 

 

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